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Le panthéon vodoun
Dan
Le vodoun Dan, ou Dangbe, est un serpent, plus précisément un python royal, animal sacré qu’on ne doit pas tuer. Il se manifeste à travers un arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter sous forme humaine et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien. Dan a assisté à la création et soutient l'univers. Son culte est surtout répandu à Ouidah et dans sa région, où l'on trouve de nombreux temples aux serpents.
C'est la divinité de la prospérité et du bien-être. Elle est surtout connue pour ses dons de biens matériels, mais elle attaque aussi les personnes ayant violé ses principes en leur infligeant diverses épreuves indésirables.
Son culte est pratiqué par les Mina, les Ewé, les Adja, les Fon, les Yoruba et les Ibo.
On distingue plusieurs émanations de Dan :
- Dan-Djenon-Ganon : première émanation de Tohossou. Elle est chargée de la fortune et de l'anéantissement. Toutes les divinités de l'ordre inférieur sont sous ses ordres. Elle est mandatée par l'ordre supérieur pour définir les lois et les règles des systèmes religieux dans la conscience de tous les ordres.
- Dan-Aido-Hwedo : deuxième émanation de Tohossou, au service de Dan-Djenon-Ganon, dont elle est en permanence chargée de missions. Elle sert de moyen de transport aux autres divinités à qui elle prête ses dons de transmutation hors du commun hérités de Dan-Djenon-Ganon.
La divinité Dan appartient à la collectivité Midomihou Adjan. Deux divinités sont érigées ensemble. La première est appelée simplement Dan ; au cours de ses rituels, elle utilise de l'huile rouge. La seconde, Dan Lissa Agbadjou, ne l’utilise jamais. Dan Lissa Agbadjou, selon les règles et les habitudes fixées par la tradition, utilise du miel, des boissons sucrées et du Dan Kokwé, une variété de banane.
Il est important de noter que ces pratiques sont dirigées par le chef de culte, appelé Dan Klounon. Ces rituels se font tous les cinq jours et pendant des cérémonies annuelles. Les rites d'initiation des adeptes du Dan Vodoun Lissa Agbadjou ont une durée respectée scrupuleusement. Le lieu de cette initiation est appelé Hounkpa, c’est-à-dire couvent.
Dans ce couvent, les adeptes apprennent les pas de danse et les chants qu'ils exhibent au moment de la cérémonie de sortie, sur un espace culturel appelé Dan Honto, sous les auspices de Dan Klounon et des sages de la collectivité. L'habillement des femmes recluses est différent de celui des hommes.
De plus, les adeptes initiés reçoivent, à leur sortie, des noms et des langages codés qui ne sont compréhensibles que par ceux qui ont suivi la formation. Ce langage est appelé Houngbé. Vodoun Lissa Agbadjou constitue une divinité de prospérité et de richesse à laquelle sont associées plusieurs pratiques sociales et culturelles. Dan Lissa Agbadjou aurait été amené de la région mahi lors des migrations des ancêtres de la collectivité de Mitogbo Adjan vers le XVIIe siècle.
Source : http://www.patrimoinebenin.org/index.php/recherche-images/1404-vodoun-dan-lissa-agbadjou-divinite-rituels-associes-a-la-divinite-dan-dieu-de-richess-aire-s-culturelle-s-adja-tado
Dan se manifeste de plusieurs manières aux hommes et à ses adeptes. Il peut être en nous, on peut naître avec sa marque ou bien, si l’on viole les règles d’une divinité donnée, le vodoun Dan peut se révéler à nous. Il est aussi possible qu’on nous recommande à lui.
Le vodoun Dan existe alors sous plusieurs espèces : Tohossou, Todan, Aguédjidan, Attindan. Les cours d’eau et le vent qui souffle sont aussi d’autres formes du vodoun Dan. Les rituels accomplis dépendent de la divinité qui réside en nous et qui gouverne notre vie.
Les adeptes utilisent différentes feuilles, ne portent pas la même couleur de pagne et ne mangent pas les mêmes choses. Par exemple, Dan-Lissa est encore plus exigeant que les autres. Ses adeptes ne mangent pas de sel et ses rituels exigent d’autres pratiques précises. Ils sont tous vodoun Dan, mais chacun a ses interdits et sa manière particulière d’effectuer les rituels. La manière de les ériger chez soi est également différente.
Par ailleurs, tous ceux qui sont sous la protection du vodoun Dan, qui sont nés avec sa marque et qui ne font pas les rituels, se détruisent : ils n’auront jamais le bonheur ni l’abondance dans leur vie. Le vodoun Dan, entité suprême de la richesse, pouvait les combler de tout, mais seulement à condition qu’ils le reconnaissent et fassent les rituels qu’il recommande. Ceux qui l’ont compris très tôt et se sont conformés à ses prescriptions sont généralement des individus nantis, qui ne manquent de rien et qui ne souffrent de rien.
Source : https://afriquenoirespiritualite.wordpress.com/le-vodoun/