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Quelques contes du Bénin

Les retrouvailles des deux frères

Certains liens ne se rompent jamais, même à travers le temps, la guerre et l’oubli.

Adanzan et Djonkè étaient deux frères. Ensemble, ils travaillaient la terre aux côtés de leurs parents. Leur vie était simple, mais paisible.

Puis le malheur frappa : leur père mourut, suivi cinq jours plus tard par leur mère. Les deux enfants restèrent seuls face à la vie.

Un matin, en se rendant aux champs, ils apprirent qu’une guerre menaçait. Le lendemain, elle éclata.

Dans le chaos, Adanzan réussit à fuir. Mais Djonkè fut capturé.

Adanzan marcha longtemps, très longtemps, jusqu’à atteindre un village paisible. Il y fut accueilli, gagna la confiance des habitants… et, avec les années, devint roi.

La richesse vint avec le pouvoir. Il possédait des terres, des biens… et des esclaves.

Un jour, parmi ceux qu’il acheta, se trouvait Djonkè.

Mais le temps avait passé. La souffrance avait marqué son visage. Le roi ne reconnut pas son frère. Et Djonkè, lui, se garda bien de révéler qui il était.

Un jour, le roi envoya ses esclaves chasser les oiseaux dans son champ de maïs. Djonkè faisait partie du groupe, sous la surveillance du fils du roi.

Tous travaillaient, sauf un homme assis sous un arbre.

Lorsque le prince s’approcha, l’homme se mit à chanter d’une voix étrange, dans une langue inconnue de lui.

Intrigué, le prince rapporta ces paroles à son père.

Le roi fut troublé. Il décida d’aller lui-même entendre ce chant.

Quand il s’approcha, l’homme reprit :

O nou sa é ; O nou sa ; O nou sa lo o…
Midjé yi guélégbé non vi sa…
Frère vendu… fils de ton père… fils de ta mère…

Puis il expliqua :

« Chose vendue… chose vendue… Ah ! chose vendue… Nous allions au champ… Frère vendu… Tu vis dans l’abondance… et tu achètes ton propre frère… »

Le silence se fit.

Alors l’homme prononça un nom :

« Adanzan ! »

Et le roi répondit, bouleversé :

« Djonkè ! »

Ils s’étaient reconnus.

Le roi fit ramener son frère au palais et l’honora comme il se devait.

Le quatrième jour, il fit appeler tout le peuple. Devant tous, il déclara :

« Cet homme est mon frère. Et je partagerai mon royaume avec lui. »

Ainsi furent réunis ceux que la guerre avait séparés.

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